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Safi et son seigneur

 

 

 

Elle pleure de joie et de bonheur.

Pour aller voir son seigneur.

 

Heureuse de faire son voyage.

Parmi les fidèles les plus sages.

 

Timide, elle lui remettre cette page.

Mais, a-t-il bien tout ce courage ?

 

Pour arriver à dissiper les nuages.

Montrer son cœur et sa belle image.

 

En cette grande fête nationale.

Devant le grand palais Royal.

 

C’est avec soumission et obéissance.

Qu’elle jettera dans la balance.

 

Avant même d’entrer en transe.

Un ange dans cette fête d’allégeance.

 

Son dévouement, elle le consacre au Roi.

Qui mérite toute la sincérité et la foi !

 

Son pays est connu à l’échelle mondiale.

Nous devons œuvrer pour son union territoriale.

 

Son ardeur, sa vivacité et sa compassion.

L’aident à affronter la mondialisation.

 

Son peuple, pieux, croyant et uni.

L’épaule pour soutenir les démunis.

 

Son amour pour le pays et sa sincérité.

Contribuent à la lutte contre la pauvreté.

 

Son courage, sa passion et sa loyauté.

S’unissent pour pérenniser se souveraineté.

 

Lui, son Roi, que Dieu le glorifie.

A Pu, toujours ; relever tous les défis !

 

Docile, elle lui adressera de loin.

De grands gestes, ses sincères témoins.

 

Elle souhaiterait bien pourtant l’embrasser.

Cette pauvre mère, de patience lassée.

 

Elle lui louera ce cri du fond du cœur.

Pour lui son protège, son vrai sauveur.

 

Prête à lui offrir son meilleur fils.

Comme dans l’histoire du grand sacrifice ?

 

Le voyant, même de loin avec considération.

Impatiente, elle attendra sa bénédiction.

 

Elle reviendra seule, après son devoir.

Rassasiée. Heureuse et pleine de l’espoir.

 

Que son Roi indulgent, lui rende visite.

A fin de lui montrer ses meilleurs sites.

 

Qu’il voie sa belle ville, et ce dès demain.

Une branche verte d’olivier à la main.

 

Profusion elle offrira de dattes et de miel.

Pour vous, notre seigneur et lune du ciel.

 

Notre drapeau, vous attend, rouge et vert.

Toujours beau, planté sur le château de mer.

Abdelaziz Mouddæn

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

parler de soi c'est se rendre à un diner sans avoir été invité, mais s'il est savoureux !! alors là; ça vaut la peine ...rachid hanjri ,.c'est comme ça que je suis né. mais si j'avais le choix , j'aurais du me nommer rachid hanjri egalemet, car je ne peut etre que moi!! j'ai lu un jour, que les enfants choisissent leurs parents etant foetus; sinon le couple demeure stérile.je suis né le 14 février ,le jour qui se coincide avec la fete des amours; le saint valentine. et cela m'inspire tellement.mon horoscope donc est le verceau dont les liens sont des imprévisibles; et c'est bien le cas à ce qui me concerne. puisque parfois je n'arrive pas à me controler, devant une telle ou telle situation..

 

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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 18:25

Et si l'enfant que vous étiez rencontrait l'adulte que vous êtes devenu...

Drôle et tendre, Le Voleur d'ombres est le onzième roman de Marc Levy.

Les romans de Marc Levy sont traduits en 41 langues et ont été publiés à plus de 20 millions d'exemplaires à travers le monde.

J'ai eu peur de la nuit, peur des formes qui s'invitaient
dans les ombres du soir, qui dansaient dans les
plis des rideaux, sur le papier peint d'une chambre à
coucher. Elles se sont évanouies avec le temps. Mais
il me suffit de me souvenir de mon enfance pour les
voir réapparaître, terribles et menaçantes.
Un proverbe chinois dit qu'un homme courtois ne
marche pas sur l'ombre de son voisin, je l'ignorais le
jour où je suis arrivé dans cette nouvelle école. Mon
enfance était là, dans cette cour de récréation. Je
voulais la chasser, devenir adulte, elle me collait à la
peau dans ce corps étroit et trop petit à mon goût.

 

« Tu verras, tout va bien se passer... »
Rentrée des classes. Adossé à un platane, je
regardais les groupes se former. Je n'appartenais à
aucun d'eux. Je n'avais droit à aucun sourire, aucune
accolade, pas le moindre signe témoignant de la joie
de se retrouver à la fin des vacances et personne à
qui raconter les miennes. Ceux qui ont changé
d'école ont dû connaître ces matinées de septembre
où, gorge nouée, on ne sait que répondre à ses
parents quand ils vous assurent que tout va bien se
passer. Comme s'ils se souvenaient de quelque
chose ! Les parents ont tout oublié, ce n'est pas de
leur faute, ils ont juste vieilli.
Sous le préau, la cloche retentit et les élèves s'alignèrent
en rangs devant les professeurs qui faisaient
l'appel. Nous étions trois à porter des lunettes, ce
n'était pas beaucoup. J'appartenais au groupe 6C, et
une fois encore, j'étais le plus petit. On avait eu le
mauvais goût de me faire naître en décembre, mes
parents se réjouissaient que j'aie toujours six mois
d'avance, ça les flattait, moi je m'en désolais à
chaque rentrée.

 

Etre le plus petit de la classe, ça signifiait : nettoyer
le tableau, ranger les craies, regrouper les tapis dans
la salle de sport, aligner les ballons de basket sur
l'étagère trop haute et, le pire du pire, devoir poser
tout seul, assis en tailleur au premier rang sur la
photo de classe ; il n'y a aucune limite à l'humiliation
quand on est à l'école.
Tout cela aurait été sans conséquence s'il n'y avait
pas eu, dans le groupe 6C, le dénommé Marquès,
une terreur, mon parfait opposé.
Si j'avais quelques mois d'avance dans ma scolarité
au grand bonheur de mes parents, Marquès avait
deux ans de retard et ses parents à lui s'en fichaient
totalement. Du moment que l'école occupait leur
fils, qu'il déjeunait à la cantine et ne réapparaissait
qu'à la fin de la journée, ils s'en satisfaisaient.

 

Je portais des lunettes, Marquès avait des yeux de
lynx. Je mesurais dix centimètres de moins que les
garçons de mon âge, Marquès dix de plus, ce qui
créait une différence d'altitude notoire entre lui et
moi ; je détestais le basket-ball, Marquès n'avait qu'à
s'étirer pour placer le ballon dans le panier ; j'aimais
la poésie, lui le sport, non que les deux soient
incompatibles, mais tout de même ; j'aimais observer
les sauterelles sur le tronc des arbres, Marquès
adorait les capturer pour leur arracher les ailes.
Nous avions pourtant deux points en commun, un
seul en fait : Elisabeth ! Nous étions amoureux
d'elle, et Elisabeth n'avait d'yeux pour aucun de
nous. Cela aurait pu créer une sorte de complicité
entre Marquès et moi, ce fut hélas la rivalité qui prit
le dessus.

 

Elisabeth n'était pas la plus jolie fille de l'école,
mais elle était de loin celle qui avait le plus de
charme. Elle avait une façon bien à elle de nouer ses
cheveux, ses gestes étaient simples et gracieux et son
sourire suffisait à éclairer les plus tristes journées
d'automne, quand la pluie tombe sans cesse, quand
vos chaussures détrempées font flic floc sur le
macadam, ces journées où les réverbères éclairent la
nuit sur le chemin de l'école, matin et soir.
Mon enfance était là, désolée, dans cette petite ville
de province où j'attendais désespérément qu'Elisabeth
daigne me regarder, où j'attendais désespérément de
grandir.

 

Il a suffi d'une journée pour que Marquès me
prenne en grippe. Une petite journée pour que je
commette l'irréparable. Notre professeur d'anglais,
Mme Schaeffer, nous avait expliqué que le prétérit
simple correspondait d'une manière générale à un
passé révolu n'ayant plus de relation avec le présent
qui n'a pas duré et que l'on peut parfaitement situer
dans le temps. La belle affaire !
Aussitôt dit, Mme Schaeffer me désigna du doigt,
me demandant d'illustrer son propos par un exemple
de mon choix. Lorsque je suggérai que ce serait drôlement
chouette que l'année scolaire fût au prétérit,
Elisabeth laissa échapper un franc éclat de rire. Ma
blague n'ayant fait marrer que nous, j'en déduisis
que le reste de la classe n'avait rien compris au sens
du prétérit en anglais et Marquès en conclut que
j'avais marqué des points avec Elisabeth. C'en était
fait du reste de mon trimestre. Á compter de ce
lundi, premier jour de rentrée des classes, et plus
précisément de mon cours d'anglais, j'allais vivre un
véritable enfer.

 

J'héritai illico d'une colle de Mme Schaeffer, sentence
applicable dès le samedi matin suivant. Trois
heures à ramasser les feuilles dans la cour. Je déteste
l'automne !
Le mardi et le mercredi, j'eus droit à une série de
croche-pattes de la part de Marquès. Chaque fois que
je m'étalais de tout mon long, le même Marquès
récupérait son retard dans la course à celui qui
faisait le plus rire les autres. Il prit même une certaine
avance, mais Elisabeth ne trouvait pas cela
drôle et son appétit de vengeance était loin d'être
rassasié.

 

Le jeudi, Marquès passa à la vitesse supérieure, et
moi, l'heure du cours de maths cloîtré dans mon
casier, dont il avait cadenassé la porte après m'y avoir
fait entrer de force. Je soufflai la combinaison au
gardien qui balayait les vestiaires et avait fini par
m'entendre tambouriner. Pour ne pas m'attirer plus
d'ennuis en passant pour un cafteur, je jurai m'être
bêtement enfermé tout seul en cherchant à me
cacher. Le gardien, intrigué, me demanda comment
j'avais pu verrouiller le cadenas depuis l'intérieur, je
fis semblant de ne pas avoir entendu la question et
filai à toutes jambes. J'avais manqué l'appel. Ma colle
du samedi fut prolongée d'une heure par le professeur
de mathématiques.
Le vendredi fut la pire journée de ma semaine.
Marquès expérimenta sur moi les principes élémentaires
de la loi de la gravitation de Newton apprise
au cours de physique de 11 heures.

La loi de l'attraction universelle, découverte par
Isaac Newton, explique en gros que deux corps
ponctuels s'attirent avec une force proportionnelle
à chacune de leurs masses, et inversement proportionnelle
au carré de la distance qui les sépare. Cette
force a pour direction la droite passant par le centre
de gravité de ces deux corps.
Voilà pour l'énoncé qu'on peut lire dans le manuel.
Dans la pratique, c'est une autre histoire. Prenez un
individu qui subtiliserait une tomate à la cantine,
avec une autre intention que de la manger ; attendez
que sa victime se trouve à une distance raisonnable,
qu'il applique une poussée sur ladite tomate avec
toute la force contenue dans son avant-bras et vous
verrez qu'avec Marquès la loi de Newton ne s'applique
pas tel que prévu. J'en veux pour preuve que
la direction empruntée par la tomate ne suivit pas du
tout la droite passant par le centre de gravité de mon
corps ; elle atterrit directement sur mes lunettes. Et
au milieu des rires qui envahissaient le réfectoire, je
reconnus celui d'Elisabeth, si franc et si joli, et ça
me fila un sérieux cafard.

Ce vendredi soir, tandis que ma mère me répétait,
sur un ton sous-entendant qu'elle avait toujours
raison, « Tu vois que tout s'est bien passé », je
déposai mon bulletin de colle sur la table de la
cuisine, annonçai que je n'avais pas faim et montai
me coucher.
Le samedi matin en question, pendant que les
copains prenaient leur petit déjeuner devant la télévision,
moi je pris le chemin du collège.
La cour était déserte, le gardien replia mon bulletin
de colle dûment signé et le rangea dans la
poche de sa blouse grise. Il me remit une fourche,
me demanda de prendre garde à ne pas me blesser,
et désigna un tas de feuilles et une brouette au pied
du panier de basket, dont le ®let m'apparaissait tel
l'úil de Caïn, ou plutôt celui de Marquès.
Je me débattais avec mon tas de feuilles mortes
depuis une bonne demi-heure, quand le gardien vint
en®n à ma rescousse.
± Mais, je te reconnais, c'est toi qui t'étais enfermé
dans ton casier, n'est-ce pas ? Se faire coller le
premier samedi de la rentrée, c'est presque aussi fort
que le coup du cadenas verrouillé depuis l'intérieur,
me dit-il en m'ôtant la fourche des mains.

 

 

Il la planta d'un geste assuré dans le monticule et
souleva plus de feuilles que je n'avais réussi à en
récolter depuis que j'étais à la tâche.
- Qu'est-ce que tu as fait pour mériter cette
punition ? demanda-t-il en remplissant la brouette.
- Une erreur de conjugaison ! marmonnai-je.
- Mmm, je ne peux pas te blâmer, la grammaire
n'a jamais été mon fort. Tu ne sembles pas très doué
non plus pour le balayage. Est-ce qu'il y a quelque
chose que tu sais bien faire ?
Sa question me plongea dans une réflexion
abyssale. J'avais beau tourner et retourner le problème
dans ma tête, impossible de m'attribuer le
moindre talent, et je compris soudain pourquoi mes
parents accordaient tant d'importance à ces fameux
six mois d'avance : je ne possédais rien d'autre pour
les rendre fiers de leur progéniture.
- Il doit bien y avoir quelque chose qui te passionne,
que tu aimerais faire plus que tout, un rêve
à accomplir ? ajouta-t-il en ramassant un second tas
de feuilles.

 

-          Apprivoiser la nuit ! balbutiai-je.
Le rire d'Yves, c'était le prénom du gardien,
résonna si fort que deux moineaux abandonnèrent
leur branche pour s'enfuir à tire-d'aile. Quant à moi,
je partis tête basse, mains dans les poches, à l'autre
bout de la cour. Yves me rattrapa en chemin.
- Je ne voulais pas me moquer, c'est juste que ta
réponse est un peu surprenante, voilà tout.
L'ombre du panier de basket s'étirait dans la cour.
Le soleil était loin d'avoir atteint son zénith, et ma
punition loin d'être achevée.
- Et pourquoi voudrais-tu apprivoiser la nuit ?
C'est vraiment une drôle d'idée !
- Vous aussi quand vous aviez mon âge, elle vous
terrorisait. Vous demandiez même qu'on ferme les
volets de votre chambre pour que la nuit n'entre pas.
Yves me dévisagea, stupéfait. Ses traits avaient
changé, son air bienveillant avait disparu.
- Un, ce n'est pas vrai, et deux, comment tu peux
savoir ça ?
- Si c'est pas vrai, qu'est-ce que ça peut bien
faire ? répliquai-je en reprenant ma route.

 

-          La cour n'est pas bien grande, tu n'iras pas loin,
me dit Yves en me rejoignant, et tu n'as pas répondu
à ma question.
- Je le sais, c'est tout.
- D'accord, c'est vrai que j'avais très peur de la
nuit, mais je n'ai jamais raconté ça à personne. Alors
si tu me dis comment tu l'as appris et si tu me jures
de garder le secret, je te laisserai filer à 11 heures au
lieu de midi.
- Tope là ! dis-je en tendant la paume de ma
main.
Yves me topa dans la main et me regarda fixement.
Je n'avais pas la moindre idée de la façon dont j'avais
appris que le gardien redoutait tant la nuit quand il
était enfant. J'avais peut-être simplement plaqué sur
lui mes propres peurs. Pourquoi les adultes ont-ils
besoin de trouver une explication à chaque chose ?
- Viens, allons nous asseoir, ordonna Yves en désignant
le banc près du panier de basket.
- J'aimerais mieux qu'on aille ailleurs, répondisje
en montrant le banc qui se trouvait à l'opposé.
- Va pour ton banc

 

-          Comment lui expliquer que juste avant, alors que
nous étions côte à côte au milieu de la cour, il
m'était apparu, à peine plus âgé que moi ? Je ne
sais ni comment ni pourquoi ce phénomène s'était
produit, seulement que le papier peint de sa chambre
était jauni, que le parquet de la maison où il vivait
craquait et que ça aussi, ça lui fichait une trouille
bleue dès la nuit venue.
- Je ne sais pas, dis-je, un peu effrayé, je crois que
je l'ai imaginé.
Nous sommes restés tous deux assis sur ce banc un
long moment, en silence. Puis Yves a soupiré et m'a
tapoté le genou avant de se lever.
± Allez, tu peux ®ler, nous avons fait un pacte, il
est 11 heures. Et tu gardes ce secret pour toi, je ne
veux pas que les élèves se moquent de moi.
Je saluai le concierge et je rentrai chez moi, avec
une heure d'avance sur l'horaire prévu,me demandant
comment papa m'accueillerait. Il était revenu tard
de voyage la veille au soir et à l'heure qu'il était,
maman avait dû lui expliquer pourquoi je n'étais pas
à la maison. De quelle autre punition allais-je hériter
pour avoir été collé le premier samedi de la rentrée ?
Pendant que je ressassais ces sombres pensées sur le
chemin du retour, quelque chose de surprenant me
frappa. Le soleil était haut dans le ciel et je trouvai
mon ombre étrangement grande, bien plus balèze
que d'habitude. Je m'arrêtai un instant pour y
regarder de plus près ; ses formes ne me correspondaient
pas, comme si ce n'était pas mon ombre qui
me devançait sur le trottoir, mais celle d'un autre. Je
l'observai en détail et, à nouveau, je vis soudain un
moment d'enfance qui ne m'appartenait pas.

 

Un homme m'entraînait au fond d'un jardin qui
m'était inconnu, il ôtait sa ceinture et me donnait
une sérieuse correction.
Même furieux, jamais mon père n'aurait levé la
main sur moi. J'ai cru deviner alors de quelle
mémoire resurgissait ce souvenir. Ce qui m'est venu
à l'esprit était totalement improbable, pour ne
pas dire complètement impossible. J'ai accéléré le
pas, mort de trouille, bien décidé à rentrer au plus
vite.
Mon père m'attendait dans la cuisine ; lorsqu'il
m'entendit poser mon cartable dans le salon, il
m'appela aussitôt, sa voix était grave.
Pour cause de mauvaise note, de chambre en
désordre, de jouets démontés, de pillage nocturne
du frigo, de lectures tardives à la lampe de poche, le
petit poste de radio de ma mère collé sous l'oreiller,
sans parler du jour où j'avais rempli mes poches
au rayon bonbons du supermarché pendant que
maman ne faisait pas attention à moi, contrairement
au vigile, j'avais réussi à provoquer dans ma vie
quelques fameux orages paternels. Mais je connaissais
certaines ruses, dont un sourire contrit irrésistible,
qui savaient repousser les plus violentes tempêtes

 

Cette fois, je n'eus pas à en user, papa n'avait pas
l'air fâché, juste triste. Il me demanda de m'asseoir
en face de lui à la table de la cuisine et prit mes
mains dans les siennes. Notre conversation dura dix
minutes, pas plus. Il m'expliqua tout un tas de
choses sur la vie, que je comprendrais quand j'aurais
son âge. Je n'en ai retenu qu'une : il allait quitter
la maison. Nous continuerions à nous voir aussi
souvent que possible, mais il fut incapable de m'en
dire plus sur ce qu'il entendait par « possible ».
Papa se leva et me demanda d'aller réconforter
maman dans sa chambre. Avant cette conversation,
il aurait dit « notre chambre », désormais, ce ne
serait plus que celle de maman.
J'obéis aussitôt et grimpai à l'étage. Je me retournai
sur la dernière marche, papa avait une petite valise
à la main. Il me ®t un signe en guise d'au revoir et
la porte de la maison se referma derrière lui.
Je ne devais plus revoir mon père avant de

devenir adulte.

 

 

Par safi - Publié dans : la lecture
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 23:43

Littérature. Abdellatif Laâbi par lui-même

     images-copie-2 Dans Le Livre imprévu, Abdellatif Laâbi revisite des pans  entiers de son histoire.

   Le prochain ouvrage de Abdellatif Laâbi, Le Livre imprévu, paraîtra à la mi-janvier (Ed. La Différence, Paris). Il arrive à point nommé pour nous permettre de découvrir sous un jour nouveau un écrivain dont l’œuvre vient d’être consacrée par le Prix Goncourt de la poésie.

 

  Livre “imprévu”, pourquoi ? Couvrant une période qui va d’octobre 2007 à janvier 2009, il commence comme “un journal intime se pliant à la  chronologie, émaillé de réflexions sur l’écriture, le fleuve du temps, l’état alarmant du monde, les destinées humaines…”. Chemin faisant, Laâbi s’affranchit de la rigidité du calendrier. Retraçant ses pérégrinations, il évoque des lieux qui lui tiennent à cœur : Alger, Beyrouth, Séville, Jérusalem, Bethléem, Ramallah, Créteil où il vit depuis un quart de siècle. Et, bien sûr, le Maroc, “ce pays qui m’est blessure et passion”. Autant de voyages qui lui ont permis, écrit-il, “de revisiter des pans entiers de ma vie avec leur cortège de rencontres, de découvertes et de passions”. Ainsi est né ce livre qu’il qualifie d’“OLNI” (objet littéraire non identifié) car il n’appartient à aucun genre prédéfini. Mais s’il prend des libertés avec la forme, il sait aussi, d’expérience, que “l’écriture n’est pas un animal domestique que nous pouvons d’un claquement de doigts faire se coucher à nos pieds”. Quoi qu’il en soit, il se donne à voir aux côtés de celles et ceux qui l’ont accompagné dans sa formation d’homme, dans ses engagements politiques, dans son combat pour faire que la littérature conjure l’oubli de la barbarie et prenne au moins une revanche morale sur les bourreaux.
En langage cinématographique, on parlerait d’une succession d’arrêts sur image. D’ailleurs, jeune bachelier, Laâbi rêvait de faire des études de cinéma. Il se voyait alors à Paris, la ville lumière. Le sort en a décidé autrement : n’ayant pas obtenu de bourse pour réaliser son projet, il s’oriente vers des études classiques. C’est la philosophie qui l’attirait. Qu’importe, on l’inscrivit d’office en lettres à Rabat, pour combler le manque d’effectifs. Sa voie était ainsi tracée. Mais ne l’était-elle pas déjà ? Adolescent, il tint un journal intime l’espace de quelques mois ; s’essaya à la poésie en composant un sonnet en alexandrins sur un coucher de soleil, et sa boulimie de lecture était telle que la bibliothèque publique du Batha à Fès s’avéra rapidement incapable de la satisfaire.

 

Laâbi l’Andalou
Le voilà donc écrivain. Et militant aussi. D’abord avec la revue Souffles qu’il lance en 1966 avec Mostafa Nissaboury et Mohammed Khaïr-Eddine, “joyeux lurons et poètes de la tête aux pieds”, rejoints par les peintres Melehi et Chebaâ. “Ce mince opuscule contient de la dynamite” applaudira un hebdomadaire français. Vinrent ensuite - avant le procès et l’incarcération - les années de clandestinité au sein du mouvement d’extrême-gauche, Ilal Amam, qu’il crée avec Abraham Serfaty et d’autres contre “un régime archaïque arc-bouté sur ses dogmes et ses privilèges, usant davantage de la matraque que de la carotte pour perpétuer son pouvoir absolu…”. Dès cette époque, Laâbi développe ce qu’il appelle le “syndrome andalou” qui se nourrit de son amour pour la langue espagnole, si bien parlée par ses amis Serfaty, Melehi et Chebaâ, tous originaires de la “Zone Nord” ainsi qu’on disait alors. Quant à lui, il l’a apprise, avoue-t-il, dans la méthode Assimil. Comme pour s’approprier cette hispanité qui ne lui était pas naturelle, il choisira, durant son action politique clandestine, de se faire appeler “Al Andaloussi” ou “Chefchaouni”. Quoi de mieux pour passer inaperçu ? Plus loin encore dans le passé, ce syndrome trouverait son origine dans l’histoire familiale : ses ancêtres auraient fait partie des derniers expulsés d’Al-Andalus avant d’atterrir à Fès avec, pour seul trésor, la clé de leur maison abandonnée. Légendaire ou pas, cette origine espagnole ne cesse de se rappeler à lui : “Ce sont des mots que je me surprends à prononcer en castillan dans mes rêves, des trémolos familiers que je capte en écoutant un solo de flamenco et que mes cordes vocales reproduisent spontanément, un roman de Lorca dont je m’étonne en le lisant à haute voix de ne pas en être l’auteur”.

 

Passion bilingue
Sans être une obsession, la langue ou les langues ont investi son être depuis longtemps. Primauté à sa “langue d’élection, celle de la poésie”: pour lui, elle passe par le français même si cela n’est pas toujours allé de soi. En 1970, se souvient-il, lors de la rencontre des poètes du monde arabe organisée à Beyrouth par le grand Adonis, ce qui comptait n’était pas tant le véhicule de l’expression que l’apport à la création poétique. C’est du reste à ce moment qu’il prend conscience de son “arabité” : il entreprend avec passion de se réapproprier la langue et la culture arabes dont l’école coloniale l’avait privé : “je ne pouvais plus tolérer la dépossession dont j’avais été victime”. Les huit années et demie passées en prison lui “offriront” du temps pour combler cette lacune : “à ma sortie, j’étais devenu bilingue, aussi parfaitement qu’on puisse l’être. J’avais étanché en bonne partie ma soif aux sources de la culture arabe”. Paradoxe : l’enfermement dont le but avait été de réduire au silence le prisonnier numéro 18611, allait lui libérer la langue et lui permettre de maîtriser l’arabe aussi naturellement qu’il maniait le français.

Pas l’un sans l’autre
Son arabité reconquise, Laâbi la mettra très tôt au service des Palestiniens : “Ma conscience politique est née avec mon adhésion à la cause palestinienne et…a déterminé mon engagement dans les combats ayant suivi”. Il sera le premier à traduire en français Mahmoud Darwich ainsi que d’autres palestiniens, poètes et nouvellistes. Une intimité intellectuelle lie les deux poètes mais Laâbi en parle avec pudeur quand il évoque les soirées passées en compagnie “de poètes pour la plupart exilés, vivant aux quatre coins du monde, portant chacun la marque d’origine de sa blessure”. Sans doute Darwich et Laâbi n’en ont-ils jamais parlé, mais outre la poésie, ils ont en partage au moins deux autres choses. Un prénom d’abord : “Ghita”. Pour le Palestinien, c’est le prénom du grand amour qu’il a si merveilleusement chanté, pour le Marocain c’est celui de sa mère. Jérusalem ensuite : “Que de fois ton nom est revenu dans mes poèmes” écrit Laâbi, qui a prénommé l’une de ses filles “Qods”, tandis que Darwich dit de la ville sacrée “toute cette lumière m’appartient”.
Si résolu qu’il soit, l’engagement de Laâbi pour la Palestine est néanmoins inséparable de sa relation intime aux juifs : “Mon lien avec les juifs précède de loin celui avec les Palestiniens”. Dans son enfance, “le qualificatif de juif était une insulte courante, presque un automatisme verbal”. Mais plus tard, c’est l’amour qui donnera corps à cette relation à l’autre : une adolescente juive de son âge l’initiera à certains plaisirs charnels dans l’obscurité d’une salle de cinéma ; à l’approche du bac, une idylle se nouera entre lui et la petite-fille du grand rabbin de Meknès. Rien moins que ça ! Il sera même question de mariage bien que “dès les premiers jeux de l’esprit suivis de ceux de l’amour, nous savions elle et moi que nous nous engagions dans un tunnel à l’issue incertaine”. Et puis, tout aussi marquante, il y aura la rencontre d’Abraham Serfaty dont il admire le courage, l’honnêteté intellectuelle et la culture. Serfaty qui a toujours proclamé que l’on pouvait être à la fois pleinement juif et arabe.
Ainsi, c’est parce qu’il assume ses liens avec les Palestiniens tout autant qu’avec les juifs que Laâbi en est venu à condamner sans réserve “les crimes de l’Etat d’Israël” et à lutter avec la même détermination contre tout discours ou acte antisémite.
On comprend qu’il soit de ceux qui déplorent le départ massif des juifs du Maroc. “Tristes sont les sociétés “épurées” où l’Un devient le seul horizon de tous” constate-t-il amèrement. Et il ajoute, ce qui vaut pour lui-même comme pour tous les exilés, migrants et réfugiés : “La terre… est donnée une fois pour toutes. Même quand on vous l’interdit ou qu’on vous la retire de sous vos pieds, elle continue à vous appartenir”.

Par safi
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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 15:16

Tous mes souhaits les plus distingués de bonheur et de prospérité

Par safi
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 17:29
      une mode qui dérange!!!

 

     Vue les apparences ; de certains footballeurs (Becckamme, Ronaldino...)  et de certains Artistes (Omar Diyab, M Poccora. Tarkins…), que les jeunes prennent comme idoles. En se déguisant à leurs aspects. On se rend compte que d’ici une décennie ; il n y’aura pas une différences entre les fringues hommes-femmes. 


En se déambulant à travers les magasins et les boutiques des effets ; sensés être 100 %masculins ; je me suis étonné par des styles, des couleurs, carrément féminins .à l’instant j’ai dit à un ami, qu’est le frère d’un marchand, << ton frère va égarer les jeunes, il va les efféminés. >> . Il m’a répondu que c’est la tendance qui l’impose. Ainsi, on a commencé à voir des tricots en rose ou en fuchsia, des tee-shirts avec des paillettes, des chemises à fleurs ou  avec des légers jabots, des chaussures de couleurs ou  à motifs …

Ce là, nous conduit à parler de look également, il n’y a pas seulement que les filles qui prennent soin de leurs allures. Beaucoup de jeunes garçons commencent à mettre l’écran solaire ; même Il y a certains qui tentent la manucure, sans parler des gels ou des crèmes à cheveux qui sont largement répandus. Ainsi l’homme d’aujourd’hui, est un homme dandy qui fait de l’aérobic, qui allait deux fois en minimum dans un seul mois chez le coiffeur, c’est un homme exigeant à ce qu’il se vêtit. Des jeans sablés ou déchirés de coté, même avec des tongs, des boucles ou percings dans les oreilles et on sait pas oú encore ; La ceinture doit se marier avec la couleur des chaussures ; et beaucoup de cela….           

      La question donc : cette identité malmenée due à quoi ? 

 A mon avis, une jeunesse sans principes, indéterminée, facilement; elle peut être influencée Par les fantaisies d’un certain styliste, ou l’excentrique de quelques footballeurs qui cherchent à se distinguer. D’autre part, la télévision joue son rôle dans ce sens, les héros de la télé sont de beaux mecs que l’on voit entrain de se maquiller ou dans des espaces de beauté réservés aux hommes.

Par safi
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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /Juil /2009 01:50

une réflexion

J’aimerais bien que vous saviez ces questions qui vont et viennent dans ma tête, toutes ces questions qui ne servent à rien, toutes ces questions qui ne sont rien lorsque la principale ne peut être résolue !

voyez-vous, il y a des jours où je me demande vraiment ce que nous faisons sur terre. J’en suis même arrivé à me demander si la mort n’était pas une bénédiction comparée à cette vie sans sens que nous menons.

Quoique je fasse, quoique je dise, quoique je pense, il y a toujours cette question du pourquoi de la vie, du pourquoi de l’existence qui revient sans cesse et sans cesse. Je pourrai ne pas y penser mais je veux y penser. Ne pas le faire est un signe de lâcheté, de fuite face à la fatalité. La fatalité, n’est-ce pas ce qui nous réduit ?

Notre présence sur terre pourrait aussi être dû à un Dieu. Mais qu’est-ce que Dieu ? Il serait en quelque sorte l’enveloppe matérielle de notre conscience, de notre âme...et l’abstrait de notre corps. Il serait alors une entité abstraite. Mais comment croire en de l’abstrait ? Et même si je voulais croire en lui, cela me fournirait-il la réponse que j’attends depuis toujours ?

Néanmoins quelque chose me pousse à croire. Sans doute est-ce une sorte d’instinct de conservation qui joue.
Je ne peux pas croire que nous sommes là sans raison, pour rien. Si nous sommes là c’est pour quelque chose... mais certainement pas pour nous détruire. Pourtant, lorsque je vois le monde dans lequel nous vivons, je ne vois que çà. Destruction, destruction et destruction. Nous ne construisons rien de valable, rien de durable... à part la destruction qui, elle, est éternelle.

Quand je vois tous ces gens autour de moi, je ne vois que de la pourriture, des gens qui ont peurs, des gens qui fuient...des épaves vivantes. Et la mort, c’est l’oublie total de l’écœurement que cela me procure... c’est l’oublie total de cette haine que tous et toutes essayent de maîtriser tant bien que mal... de leur jalousie inconsciente qu’ils ont envers et contre tout parce qu’au fond d’eux-mêmes ils savent qu’ils ne sont rien et ne qu’ils ne seront jamais rien... et ils ne veulent pas l’accepter, ne veulent pas en prendre réellement conscience. Ils prennent tous leurs désirs pour des réalités possibles, ils se croient exceptionnels, ils se croient des bêtes rares auxquelles l’on doit satisfaire les moindres caprices, ils se croient fiers alors qu’ils ne sont que capricieux, ils se croient non jugeables, ils se comparent aux quelques génies d’hier, chacun d’eux se pense comme seul apte à pouvoir diriger, ils nous prennent tous et toutes pour des cons incapables de bon sens, ils croient manœuvrer tout le monde et çà, ils n’osent l’avouer car ils savent que leur voisin pense la même chose. Alors ils trouveront des excuses à leur agressivité, à leur haine, à leur hypocrisie perpétuelle. Ils liront Montaigne et se diront tout comme lui « J’aimerai mieux passer pour fou et sot, pourvu que mes défauts ma charment, ou du moins m’échappent, que d’être sage et d’enrager », alors qu’ils ne veulent même pas admettre, même pas voir leurs réels défauts. Ils se retranchent derrière une image toute leur vie, ils s’imaginent de faux défauts et cherchent à se persuader qu’ils les ont vraiment. Ils se disent grands, sensibles, plein de pitié, de compassion et de bonté envers tous... et le soir venu ils ne font que jurer, jurer et toujours jurer. Pour avoir bonne conscience, ils disent de leurs voisins que ce  sont des jaloux, qu’ils refusent leur aide lorsqu’ils la proposent, qu’ils ne font que critiquer, qu’ils acceptent la misère, qu’ils se complaisent dans l’injustice, qu’ils les haïssent, qu’ils les envient.

J’aurai envie de leur cracher dans la gueule à tous qu’ils se réduisent, qu’ils se diminuent en cherchant à devenir un autre, un étranger qui ne pourra jamais les satisfaire et les combler. Ils cherchent à être parfaits, sans un défaut, et ainsi ils se détruisent eux-mêmes en ne pouvant s’extérioriser tel qu’ils le souhaiteraient au fond d’eux-mêmes.

 

Mais le bien, le bonheur, çà n’existe pas. Cà n’existe que par rapport au mal. Si le mal n’existait pas, le bien n’existerait pas non plus... car le mal est toujours au dépend du bien et le bien au dépend du mal.

voyez-vous, lorsque je dis de ma personne qu’elle est heureuse, c’est parce que je sais qu’à mes côtés il existe des personnes dans la misère. Mais ces mêmes personnes peuvent se dire à leur tour heureuses parce qu’elles savent qu’à leurs côtés d’autres personnes sont encore plus à plaindre, etc...

Maintenant, si je me dis malheureux, c’est que je sais qu’à mes côtés se trouvent des personnes plus heureuses. Ces mêmes personnes peuvent se dire malheureuses à leur tour parce qu’elles savent qu’à leurs côtés se trouvent des gens plus heureux, alors qu’elles pourraient se considérer comme heureuse sachant que je suis plus malheureux qu’elles. Pour elles le bonheur d’un voisin est un mal et mon malheur est un bien.

Et moi dans tout çà ?

Si je ne sers plus à rien pour l’humanité, ce n’est en restant en vie que je pourrai connaître la paix... je ne la connaîtrais que dans la mort.

Aujourd’hui le malheur, la misère est trop souvent un problème matériel. Les gens, tellement obnubilés par cette misère matérielle oublient trop souvent pourquoi l’être humain s’appelle humain. A cause de tous ces mal-baisés, ou grâce à eux, je ne suis même plus écœuré. Je suis lassé, ma tête fatigue et mes yeux se ferment.

Lorsqu’aujourd’hui je regarde un réveil, j’en arrive presque à l’envier. Nous sommes comme lui. Ses aiguilles sont programmées pour tourner heure par heure, minute par minute. Nous, nous sommes programmés pour faire la fête à certaines heures, pour travailler à d’autres... nous sommes les aiguilles du réveil qu’est notre société. Mais le réveil a sa sonnerie. Nous, c’est cette sonnerie qui nous manque. Nous avons grandit trop vite à travers les siècles sans oser regarder et constater nos changements. Nous refusons d’admettre les erreurs possibles, pour ne pas dire probables et même certaines que nous avons commises à travers les siècles. Le passé est trop vite oublié, le présent nous fait peur... il ne reste que le futur. Mais que veut dire ce mot futur ? Il ne sera rien d’autre que la continuité de notre présent, de notre passé. Alors comment croire en un futur possible si déjà nous n’acceptons pas notre présent en rejetant ses torts sur le passé ?

Par safi - Publié dans : la lecture
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /Avr /2009 00:57

En live. Quand l’amour se discute

En mars. Radio Atlantic. En direct, Chorouk Gharib et le docteur Aboubakr Harakat abordent L’amour en dehors du lit. Au programme : quid de l’affection dans le couple en dehors des relations sexuelles ou comment une femme peut faire comprendre à son mari que ce n’est pas parce qu’elle a posé sa tête sur son épaule qu’elle souhaite passer au lit ? Le sujet a inspiré les auditeurs. En deux heures, 14 appels et 14 histoires : une épouse déclare ne voir de mari gentil que dans les films, un mari admet être incapable de dire je t’aime à sa femme, un homme affirme que la routine et les problèmes financiers tuent l’amour, et ajoute av ec force: “L’amour, dans ce pays, est mort, lah irahmou”. Suit un autre auditeur qui concède que, en général, les hommes ne font pas d’efforts pour préserver la flamme. Puis, une jeune femme mariée depuis 4 mois confie avoir peur de passer à l’acte sexuel, et une autre en couple depuis 30 ans soutient sans emphase : “Je viens de me rendre compte que mon mari n’a jamais existé”. Enfin, une dernière auditrice, toujours amoureuse de son mari comme au premier jour, encense l’importance de la communication au sein du couple et transmet un véritable message d’espoir. Le tout, dans une bonne ambiance, ponctuée de blagues aussi bien en darija qu’en français, avec un Dr Harakat patient et persévérant et une Chorouk Gharib au sourire dans la voix. Un grand moment de partage et d’ouverture, comme on en écoute peu.

Par safi - Publié dans : actualités
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 19:47

Quelques textes chargés de sens

La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une qualité de l'imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années:

On devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.

Les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l'âme.

Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, noue font pencher sur la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.  Il demande comme l'enfant insatiable: et après? Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.

Vous étés aussi jeune que votre fois aussi vieux que votre foi.

Aussi jeune que votre confiance en vous même.

Vous restez jeune tant que vous resterez réceptif

Réceptif à ce qu'est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

 

La vie n'a pas d'age.

La vraie jeunesse ne s'use pas.

On a beau l'appeler souvenir,

On a beau dire qu'elle disparit ,

On a beau dire et vouloir dire que tout s'en va,

Tout ce qu'est vrai reste là.

Quand la vérité est laide, c'est une bien fâcheuse histoire,

Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir.

Les gens très âgés remontent en enfance

Et leur cœur bat

Là ou il n'y a pas d'autrefois.

 

 

 

Par safi
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 13:57

L'histoire de sentiments
       Il était une fois, une île où tous les différents sentiments vivaient: le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l'Amour y compris. Un jour on annonça aux sentiments que l'île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l'Amour resta. L'Amour voulait rester jusqu'au dernier moment. Quand l'île fut sur le point de sombrer, l'Amour décida d'appeler à l'aide. La Richesse passait à côté de l'Amour dans un luxueux bateau. L'Amour lui dit: "Richesse, peux-tu m'emmener?" "Non car il y a beaucoup d'argent et d'or sur mon bateau. Je n'ai pas de place pour toi." L'Amour décida alors de demander à l'Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau: "Orgueil, aide moi je t'en prie!" "Je ne puis t'aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau." La Tristesse étant à côté, l'Amour lui demanda: "Tristesse, laisse moi venir avec toi." "Oh... Amour, je suis tellement triste que j'ai besoin d'être seule !" Le Bonheur passa aussi à côté de l'Amour, mais il était si heureux qu'il n'entendit même pas l'Amour l'appeler! Soudain, une voix dit: "Viens Amour, je te prends avec moi." C'était un vieillard qui avait parlé. L'Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu'il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu'ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s'en alla. L'Amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir: "Qui m'a aidé?" "C'était le Temps" répondit le Savoir. "Le Temps?" s'interrogea l'Amour. "Mais pourquoi le Temps m'a-t-il aidé?" Le Savoir sourit plein de sagesse et répondit: "C'est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l'Amour est important dans la Vie.

Peut on vivre sans sentiments ?
       Le sentiment est la base de l'être humain, c'est ce qui nous fait avancer, nous fait exister pour nous, dans la société, avec les autres. L'impossibilité de vivre nos sentiments, de les extérioriser risquent de nous faire basculer dans des pathologies proche de l'autisme. Il faut absolument accepter ses sentiments et savoir les partager. 
       Il existe bien sûr le risque de se faire déborder par ses sentiments, de mal les gérer, mais c'est une question d'expérience, de maîtrise de soi. Comment font ceux qui n'éprouvent aucuns sentiments face aux petites choses de la vie, un geste, un mot ou une attention ?! Sont ils vraiment heureux ?! Il m'est impossible de vivre sans cœur, sans sentiments ni état d'âme, un geste, un mot ou une attention me rendent toujours heureux.

Par safi - Publié dans : la lecture
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 19:54

La dynastie des Berghwata a régné durant quatre siècles sur la région de Tamesna, du Bouregreg au Oued Oum Rabi'. Leur principauté avait son propre prophète, son propre Coran et ses propres rites.

Qui sont les Berghwata ?
Leur nom ne figure nulle part dans les manuels scolaires d'histoire. Une seule ligne figure à leur propos sur le site officiel du ministère de la Communication, apprenant au lecteur que ces gens se sont soulevés contre le califat omeyyade. Hormis des érudits d'origine berbère, très peu savent que les Berghwata furent la dernière dynastie dont les rois étaient des Marocains de souche, des fils du bled du premier jusqu'au dernier. Ce que le public ignore aujourd'hui, c'est que les Berghwata ont régné sur la région de Tamesna, de Salé à Safi (ce que l'on nomme actuellement le Maroc utile) pendant quatre siècles. Surtout, ils avaient leur propre prophète, leur Coran et leurs rites. Qui sont donc ces gens qui ont régné de 742 à 1148, sans laisser la moindre trace dans l'histoire officielle ?

Les Berghwata étaient connus également sous le nom de Béni Tarif, d'après le nom du fondateur de la principauté. Ce guerrier marocain a d'abord rejoint l'armée des Arabes provenant d'Orient qui ont avancé vers l'Espagne, avant de rejoindre le dissident kharijite Mayssara et porter le glaive contre les conquérants musulmans, “pilleurs de biens et violeurs de belles femmes”.  La plupart des historiens décèlent dans ce nom l'origine des “Berghwata”. D'autres rappellent que
Tarif est un amazigh et que les Berghwata proviennent de la dynastie berbère des Bacchus. En tout cas, Abou Oubaïid Al Bakri, l'un des plus importants chroniqueurs des Berghwata, raconte qu'en 740, “les berbères de Masmoda et Zenata (principales tribus marocaines de souche) ont désigné Tarif comme leur chef”. Il fut considéré comme le fondateur effectif de la principauté des Berghwata, mais c'est son fils, Salih Ibn Tarif, qui passe pour être le fondateur spirituel et le créateur de la religion des Berghwata.
Leur culte, leur Coran et leurs rites

Les historiens parlent de “religion” parce que les Berghwata possédaient leur propre Coran. D'après Abou Salih Zemmour, le chargé de prière des Berghwata, ce Coran comportait quatre-vingt versets intitulés des noms de prophètes (Adam, Ayyoub/Job, Younès/Jonas...), de récits (celui de Pharaon, de Gog et Magog/Hajouj et Majouj, du charlatan, du veau…) ou d'animaux (le coq, le chameau, les criquets, le serpent…). Mais aucune trace de version écrite n'a pu être trouvée dans la région de Tamesna où ils se sont fixés. Cependant, Al Bakri a cité un extrait de la sourate d'Ayyoub, l'équivalent de la Fatiha coranique (première sourate du Coran) des Berghwata. Le texte dit : “Au nom de Dieu qui a envoyé son livre aux gens pour les éclairer sur sa Vérité. Ils disent alors : Iblis (Satan) est donc au courant de cette vérité. Dieu objecta. Il ne supporte point Iblis”. Le mot “Dieu” ici est la traduction du mot “Yakouch” que certains ont considéré comme le dieu des Berghwata, alors que d'autres soutiennent qu'il s'agit tout simplement de la traduction du mot “Allah”, auquel les kharijites parmi les berbères musulmans croyaient auparavant. Ce dernier avis est partagé par Mohamed Talbi, qui avance que “la religion des Béni Tarif ne s'est pas totalement écartée de l'Islam. Elle s'est contentée de l'adapter dans une version amazighe, locale et indépendante de l'Orient, en se dotant d'un Coran local et d'un prophète local”.

Cette tendance “indépendantiste” ne s'est pas limitée aux textes. Ainsi, les Berghwata observaient le jeûne pendant le mois de Rajab au lieu du mois de ramadan, priaient en groupe le jeudi et non le vendredi, faisaient certaines prières sans prosternation ni génuflexion (sujud et rukou'), à l'instar des chrétiens. Pour leurs ablutions, ils se lavaient également les deux côtés du ventre. Ils observaient cinq prières le jour et cinq la nuit. À travers ces manifestations de zèle, d'après l'analyse de Mohamed Talbi, les Berghwata voulaient probablement montrer qu'ils n'avaient pas de leçon à recevoir des despotes de l'Orient et qu'ils pouvaient produire leurs propres règles religieuses. En parallèle, les Berghwata étaient permissifs lorsqu'il agissait des plaisirs de la vie. Leur législation religieuse permettait par exemple aux hommes d'épouser autant de femmes qu'ils pouvaient, sans restriction aucune, et de les reprendre en mariage après le divorce

s'ils le souhaitaient. D'ailleurs, ce qui attirait les étrangers dans leur contrée, à en croire Léon l'Africain, qui en a parlé ultérieurement, c'était la beauté extraordinaire de leurs femmes.

Au niveau de la population, les rites des Berghwata s'apparentaient de manière étonnante aux croyances païennes ancestrales et aux pratiques de sorcellerie, dont la sacralisation du coq. Les gens de Zemmour, où les Berghwata s'étaient installés dès le 9ème siècle, disent toujours, au lever du jour, “la tay wadane afellous” (le coq appelle à la prière). Selon l'orientaliste Nahoum Slouch, l'interdiction de manger la chair de coq chez les Berghwata proviendrait des juifs du Machreq au Sahara. Ce qui a incité Slouch à affirmer que “la religion des Berghwata est musulmane dans sa forme, berbère dans ses rites et juive dans son fond et ses tendances”. Concernant les rites de magie, il semble, selon les historiens de l'époque, que c'est dans la région de Tamesna, traversée de forêts et de ruisseaux, qu'est née l'idée de “nature hantée”. Quant à la réticence à manger la tête de certains animaux, dont le poisson, et l'interdiction de manger des œufs, elles sont toujours de rigueur chez certaines tribus des Masmoda qui se sont réfugiées dans le Souss, après la dissolution de la principauté des Berghwata.

Par safi - Publié dans : à découvrir
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Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /Jan /2009 12:51

Violence, racket, sexe et langage ordurier… jamais un film marocain n’a explosé autant de tabous à la fois. Enquête sur un tour de force.

On vous raconte quand même l’histoire : deux jeunes Casablancais vivent de combines et de petits coups minables. Ils ont 20 ans, des problèmes de famille, d’argent, d’amour, etc. Ils rêvent d’Europe, de sexe et de fric. Un jour, ils tentent de décrocher le jackpot en dopant un cheval de course pour le compte de bookmakers. Le coup tourne mal et la police les prend en chasse… L’histoire est plantée. Reste le décor, personnage principal du film. Casablanca, jour et (surtout) nuit. La ville blanche devenue noire. Dar Beida la crasseuse, vicieuse, poisseuse, violente, paumée. Casanegra.

 

Plus fort que Les Bandits ?
Si vous faites partie du monde parallèle de Facebook, vous avez toutes les chances d’avoir un ami inscrit au fan-club du film. “…Qui compte plus de 5000 membres”, jubile, fébrile, le réalisateur du film, Noureddine Lakhmari. Sorti le 24 décembre, Casanegra réalise un carton inespéré. 63,000 entrées en deux semaines à peine, un temps de passage record qui lui permet d’envisager, pourquoi pas, d’exploser la barre du million d’entrées approchée par Les Bandits (2003), gentille comédie de
mœurs de Saïd Naciri. Déjà, il est acquis que le film fera mieux que trois ou quatre champions du box-office marocain : Les Larmes du regret (1982), Un Amour à Casablanca (1991), A la recherche du mari de ma femme (1993), Marock (2006).

“C’est un phénomène, le public est un mix représentatif de toute la société marocaine. Il y a les jeunes, les vieux, les voilées, les riches, les intellos, les familles, les couples, les copains du derb, etc.” s’extasie, avec un œil sur le tiroir-caisse, un exploitant de salle à Casablanca. Le film est de toutes les conversations, sur toutes les langues. L’impression générale est que tout le monde a quelque chose à dire sur le film, tout le monde l’a vu. Ou quand le cinéma quitte son petit espace clos pour pénétrer dans les foyers, les forums de discussion, les conversations de tous les jours.

Sur Youtube, la Mecque vers laquelle se tournent tout internaute qui se respecte, un spectateur a trouvé le moyen de filmer, à partir de son téléphone portable, quelques plans du film avant de les mettre on line. Les plans “volés” correspondent à deux scènes parmi les scènes les plus hot du film : la masturbation de Driss Roukhe, mari violent mais malheureux depuis le départ de sa femme, le baiser échangé entre Anas El Baz et Ghita Tazi, couple improbable, lui beau mais pauvre, elle riche et un peu coincée. Le post, consulté sur Youtube au rythme d’une centaine de clics par jour (la moyenne d’une salle de cinéma !), ressemble à un très court métrage dans lequel les dialogues ont été effacés et remplacés par le commentaire oral, évidemment très épicé, de notre internaute.

Ça parle, ça dit tout, mon frère
On arrive au menu principal : le contenu du film. Casanegra est bien ce qu’on vous avait dit?: un condensé de vie casablancaise, marocaine, c’est dur, violent, physique. Et verbal. C’est peut-être Noureddine Saïl, directeur du CCM (Centre cinématographique marocain), joint au téléphone, qui résume le mieux le film?:

“Casanegra est le regard lucide, intransigeant, sur un monde plein de violence. En ce sens, il va plus loin que les diagnostics fournis par les sociologues et les prospectivistes”.
Diagnostic, le mot est lâché. Malgré une photo hyper léchée et des images parfois très Art déco, Casanegra est d’abord le reflet cru d’une certaine réalité. La violence, physique et plus encore verbale, est pratiquement de tous les plans. Comme dans la vie. Une première dans l’histoire du cinéma marocain, réputé timide, pour ne pas dire aseptisé. “Cette violence, je ne l’ai pas filmée par complaisance, ou pour essayer de survendre le produit. J’ai simplement tendu l’oreille et transcrit ce que j’ai pu…”, nous explique Noureddine Lakhmari, qui signe aussi les dialogues du film.

Mesdames, messieurs, attention à vos oreilles. “Din Mouk”, “Zamel”, “Ould Qahba”, “Awd l’Karrek” poussent comme des champignons à tous les coins de rue. Les expressions que vous utilisez, subissez ou simplement “captez” dans la vie de tous les jours, tous ces mots qui vous font rougir devant vos enfants, vos parents, tout cela vous est donc servi, pour la toute première fois, dans un film marocain. Noureddine Lakhmari assume : “Bien sûr que l’on s’insulte beaucoup dans le film. Mais il ne faut pas s’arrêter au premier degré. Les Casablancais, et les Marocains en général, le savent, surtout les jeunes, quand on rencontre un ami, on peut lui dire, pour le taquiner, presque affectueusement : Fine azzamel, Tais-toi a ould dine l’kalb. C’est violent, c’est cru, mais ce n’est pas forcément vulgaire, c’est même parfois affectueux, poétique, tout dépend du contexte, du ton, du rapport qui lie les personnes. Et puis, ce langage c’est le nôtre, il appartient à notre darija, on s’en sert comme moyen de communication, inutile de le nier”.

Tout sauf Dieu
Casanegra ne fait pas tout dire à ses personnages. Si les expressions liées au sexe et à la religion des hommes sont largement employées par les personnages du film, tout ce qui se rapporte à Dieu a été purgé. Autocensure ? “Si vous
voulez, mais je préfère parler de rétention. Je n’ai pas voulu tout lâcher à la fois, Casanegra n’est pas un film documentaire avec le catalogue exhaustif des expressions de rue, c’est une fiction avec des partis pris, du dialogue jusqu’aux décors” se défend Noureddine Lakhmari. Avant d’ajouter, lucide : “Vous savez, de mon point de vue personnel, et ceux qui ont vu Casanegra le savent très bien, je suis resté pudique. Ce qu’on voit, ce qu’on dit dans le film, ne représente même pas 10 % de la réalité de tous les jours”.

Même élagués de toute référence à Dieu, tabou suprême s’il en est, même passés par les filtres hyper-fins de l’autocensure, les dialogues crus du film ont posé plus d’un problème. Le cinéaste se rappelle : “Une fois le scénario et les dialogues écrits noir sur blanc, il s’agissait de trouver les acteurs capables de jouer les scènes et de lire le texte. Ce fut assez difficile”, résume le cinéaste. Pendant le tournage, certains acteurs ont régulièrement buté sur des mots-clés, familiers mais totalement inédits au cinéma. Sans parler de ceux, et celles, qui ont refusé de tourner à cause d’un baiser, d’un attouchement… Avant de jeter son dévolu sur Driss Roukhe (Babel, 2006), pour le rôle du beau-père, Noureddine Lakhmari a essuyé sept refus de comédiens connus. “Ils ont tous dit non à cause de la scène de la masturbation. C’est dommage, mais je les comprends. Mais Roukhe, qui joue le rôle, est excellent”. Et Driss Roukhe, justement, qu’en pense-t-il ? “Je pense que c’est un bon plan, dans un bon film.

Je fais mon métier, je suis acteur de composition, je juge mes films d’après la qualité des scénarios, c’est tout. Quant à Casanegra, il ne m’a valu que des compliments, Al Hamdou Lillah”. Les deux scènes de baisers, entre Anas El Baz et Ghita Tazi, mais aussi entre Mohamed Benbrahim et Rawiya, ont également posé problème. Le premier baiser a justifié le refus de nombreuses actrices confirmées, mais c’est surtout le deuxième, un baiser “de vieux”, qui a été le plus cocasse. “J’étais partagé entre mes deux comédiens. Benbrahim n’y arrivait pas, Rawiya s’impatientait”, se souvient Lakhmari, un peu amusé. Au

final, c’est Rawiya, comme elle nous l’a raconté, qui a réglé le problème en apposant un baiser “fraternel” sur les lèvres de son complice : “Ou mal’ha, achnou fiha, rah b’hal khouya”, nous commente l’actrice, remarquable de détente et de naturel tout au long du film.

Quand l’émotion fait rire
Et le public, comment a-t-il réceptionné le film et toutes ses audaces, tant physiques que verbales ? Un exploitant à Marrakech, l’une des quatre villes (en plus de Casablanca, Rabat et Tanger) dans lesquelles le film est visible, raconte : “Le premier jour, j’ai regardé le film parmi le public. J’appréhendais. A mes côtés, deux jeunes femmes voilées. A la première insulte sortie de la bouche d’un acteur, la salle riait aux éclats, les deux femmes pas vraiment. Petit à petit, les deux spectatrices ont imité tout le monde, riant pratiquement à tous les gros mots, qui sont devenus autant de moments comiques”.

On y est : les scènes les plus violentes du film, images et sons, déclenchent le rire des spectateurs. Quand Driss Roukhe se masturbe en se tordant de frustration et de douleur, la réaction en face est un fou-rire. Commentaire de ce critique de cinéma : “C’est normal, les gens n’ont pas l’habitude, pas dans un film marocain, arabe. Mais ce sont des rires nerveux, hystériques, qui traduisent plus la gêne et l’indisposition qu’un ressenti réellement comique”. Le malentendu, le décalage, la bascule tendant involontairement de l’émouvant au comique, tout ce côté improbable se retrouve, bien entendu, dans d’autres scènes, pas forcément liées au sexe, ni aux excès verbaux. Exemple : quand le père de Anas El Baz, infirme, passe au petit coin, pantalon sur les genoux… C’est clair : on n’a pas l’habitude.

Mais le public afflue, en masse. Certaines séances, à Casablanca notamment, ont affiché complet. Confirmation de Hassan Mouadib, un distributeur qui a parié tôt sur le gros potentiel commercial du film : “Un jour, on a arrêté un homme et sa femme pour leur demander l’âge exact de leur enfant, qui les accompagnait à l’entrée de la salle

(le film est interdit aux moins de 12 ans, ndlr). Ils ont répondu : il a plus de 12 ans et, de toute façon, il est impossible de le laisser dehors puisque c’est lui qui nous a convaincus de venir voir le film”.

La peur des annonceurs…
L’air de rien, Casanegra est bien devenu, un peu malgré lui, film familial, un produit que les pères et les fils peuvent voir et aimer, pourquoi pas ensemble. Le constat, s’il est heureux, reste partiel, non généralisé. “Trop violent, trop vulgaire”, commentent, en quittant la salle, les quelques spectateurs déçus. Pour avoir une idée de l’expression de cette minorité mécontente, on peut surfer sur le Net. Au hasard d’une navigation, on peut tomber sur un post acerbe, ou carrément insultant, à l’égard du film. Noureddine Lakhmari confirme : “Sur certains sites, j’ai pu lire : Casanegra film sioniste, Lakhmari ramène de l’argent d’Oslo (ndlr : le cinéaste a fait de la capitale norvégienne sa deuxième ville d’adoption, après Casablanca) et travaille pour Israël !”.

Etonnant. Mais pas tant que ça, finalement, quand on se rappelle que le vocable “sioniste”, qui draine toutes les rancœurs, a été apposé sur bien des produits, films ou pas, qui n’ont pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Marock, quand il a atterri dans les salles en 2006, a bien hérité de cette étiquette… On l’a compris, ce film n’est pas du genre à laisser indifférent. Audacieux, courageux, Casanegra peut faire peur. Dino Sebti, dirigeant de Sigma, qui figure parmi les producteurs du film, ne dira pas le contraire. “Beaucoup d’annonceurs se sont désistés avant même la sortie du film. Ils nous ont tourné le dos, en arguant : ah non, ce film ne nous représente pas”. Les désistements en série ont plombé la production du film, la privant de fonds évalués entre 3 et 5 millions de dirhams. Ce qui est lourd, très lourd, pour un budget arrêté au final à 13 millions de dirhams.

La peur a également gagné certains milieux officiels. Casanegra n’a pas été retenu dans le dernier Festival de Marrakech, en novembre 2008, un cadre pourtant idéal

pour ce genre de produit novateur, les sélectionneurs lui préférant le pourtant contesté Kandisha, selon la version officielle. Dans les coulisses, les salons de Marrakech, Casablanca ou Rabat bruissent d’une rumeur qui ne paraît pas si infondée : Casanegra aurait été retiré pour ne pas risquer… d’écorcher les oreilles princières, SAR Moulay Rachid étant un habitué du Festival (qu’il préside). Un acte de prudence, en somme.

This is not Morocco !
Le film a bénéficié de plusieurs projections-tests pour bien sonder le public avant la sortie commerciale. Le procédé a probablement fait fuir quelques annonceurs, échaudés par la teneur des images et des dialogues du film, mais il a permis de rassurer sur sa faculté de fédérer tous les publics. Au CCM, la commission de visionnage a coché la case “interdit aux moins de 12 ans”, pour accompagner le visa de sortie. Commentaire de Noureddine Sa^ïl, directeur du Centre : “Le film comporte des violences verbales, qu’il est important d’interdire à un très jeune public, mais c’est une œuvre artistique qu’il faut respecter et laisser à l’appréciation du plus grand nombre de spectateurs”. Noureddine Lakhmari n’en demandait franchement pas tant. “Honnêtement, je craignais que le film ne soit interdit aux moins de 16 ans”, nous a-t-il confié. A Dubaï, où le film a remporté un joli succès au festival du film, Casanegra a d’ailleurs été interdit aux moins de 18 ans. Ce qui en dit long sur la relative et très nette ouverture d’un pays comme le Maroc.

A Dubaï, donc, détail important dans le cinéma arabe, le public a réagi “normalement”, riant et applaudissant aux scènes-clés. Mais il y a eu des exceptions. Lakhmari raconte : “Le lendemain de la projection, un spectateur m’a apostrophé en ces termes : I’m Moroccan but I’m sorry, it’s not Morocco !”. Commentaire ? On le laisse au même Lakhmari, bien placé pour en parler lui qui a vécu une bonne partie de sa vie en Norvège, loin du plus beau pays du monde : “Je comprends bien la réaction du Marocain de Dubaï. Moi aussi, quand je vivais en Norvège, j’attendais de voir de belles images du Maroc. Pas l’envers

du décor, mais le côté carte postale”.

Casa ma ville
Casanegra repose de toute évidence sur un long travail documentaire. “Au moment des repérages, j’emmenais mes comédiens dans les bas-fonds de la ville, on a exploré ensemble la face sombre, nocturne, de Casablanca” lâche le cinéaste. Lakhmari et son équipe ont pu explorer des repaires mythiques du vieux centre-ville bidaoui dont certains ont été rasés depuis. Exemple de La Fontaine, célèbre cabaret, qui figure parmi les décors principaux du film, celui du “Tout va bien”, un espace où tout va plutôt mal… “En fait, le Tout va bien est un vrai bar qui existe à Safi, ma ville natale. Le fait de prendre ce nom finalement safiot est une façon, pour moi, de rendre hommage tant à Safi qu’à Casablanca. Je suis de Safi, mais Casablanca est aussi ma ville. J’y vis depuis trois ans et je l’aime, je l’aime”, commente Lakhmari. Donc, l’amour. Et le goût pour l’Art déco, sans doute. Nouveau commentaire du cinéaste : “Je fréquente un cercle d’architectes qui m’ont transmis la passion de restaurer la mémoire et la beauté des lieux, surtout le centre-ville de Casablanca, vestiges de l’ère coloniale”.

Dans son élan, Lakhmari a appris, suivant les conseils d’un ami, à “ne pas faire comme les gens qui n’aiment pas leur ville et s’obstinent à marcher en regardant systématiquement vers le bas”. Il a décidé de (re)lever la tête, filmant haut, haut. D’où ces contre-plongées qui habillent les vieux immeubles coloniaux d’étonnantes formes architecturales, dans une sorte de “Métropolis” contemporain, marocain. Voilà, on vous a à peu près tout dit. Reste à signaler que le film a été réalisé grâce au concours de l’Etat, via le CCM (2,4 millions de dirhams) et 2M (1 million). Mais aussi grâce à des producteurs indépendants : feu Aziz Nadifi, décédé peu avant la sortie du film, Dino Sebti et Ali Kettani de l’agence Sigma. Casanegra, qui explore le côté sombre de Casablanca, et finalement d’un certain Maroc, reste dans tous les cas un film intéressant malgré certaines longueurs et de nombreux emprunts, et marque aussi la dernière
apparition d’un grand nom du cinéma marocain : l’acteur Hassan Skalli, décédé quelque temps après le tournage. Rideau.(telquel)
                            

Par safi - Publié dans : actualités
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Je veux vivre pour connaitre les enfants

de mes petits enfants

pour avoir 100 ans

pour avoir 1000 ans

pour etre heureux et ivre

 

je veux vivre pour courir sur la grève

je veux vivre pour embrasser mes rèves

pour embrasser mes jours

pour connaitre l'amour

et les heures qui envirent

je veux vivre

 

je veux vivre toutes les joies de la terre

je veux vivre et parcourir les mers

je veux vivre et consommer la planète

sans laisser une miette

je veux voir toute les villes

plonger de toutes les iles

que leurs ciel me délivre

je veux vivre

 

je veux vivre pour avaler le monde

je veux vivre le monde qui frissonne

de milliers de pays

de millions de personnes

d'un milliard de récits

je veux pouvoir les suivre

je veux vivre sans jamais m'assoupir

je veux vivre sans jamais me trahir

pour que chaque saison

reclore mes passions

pour dévorcer le temps

qui'il cesse de me poursuivre

je veux vivre

por que lorsque la mort

viendra me faire un sort

elle ne puisse jamais

jamais déraciner

tout ce que j'ai planté

tout ce que j'ai semé

qui me fera survivre

 

je veux vivre

vivre

je veux vivre

vivre

je veux

 



UN JOURNAL


Pour mon équilibre mental
Je me suis fait un journal…

Mon esprit voyage dans un dédale
Et parfois je perds les pédales.
Heureusement que je garde mes sandales
Car c’est le principal.

Mon humeur s’emballe
Je deviens hyperactif et pyramidal.
Je dépasse la normale
Et plus rien ne freine mon débit vocal.

Pour mon équilibre mental
Je me suis fait un journal…

J’observe les pics et les descentes infernales
Car je balance dans des spires inégales
Mais je sais que rien n’est fatal.
Il s’agit de contrôler mon cérébral.

Aussi j’apprends la patience, le silence intégral.
Rien n’est facile car ce n’est pas banal.
J’ai tendance à flamber comme un feu de Bengale,
Je cavale à tout instant et j’ai perdu les rênes de Bucéphale.


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